Vous avez regardé votre virement de la semaine dernière et calculé ce qu'il vous reste après l'URSSAF. Pas grand-chose. Vous avez entendu parler du statut entrepreneur salarié INCOM par un collègue, mais personne ne vous a expliqué concrètement ce que cela change sur votre compte en banque.
Entre l'entrepreneur salarié INCOM et l'auto-entrepreneur VTC, le bon choix dépend de votre niveau de chiffre d'affaires, de votre appétit pour la gestion administrative, et de ce que vous voulez construire pour votre retraite. Cet article vous donne les chiffres réels, pas des slogans.
Les statuts disponibles pour un chauffeur VTC en 2025
Trois structures coexistent pour exercer légalement l'activité de chauffeur VTC en France. Chacune a ses propres règles de cotisations sociales, de TVA et de protection sociale.
La micro-entreprise (auto-entrepreneur) : le statut par défaut. Simple à créer, sans comptabilité complexe, avec un taux forfaitaire de cotisations. Selon une étude sectorielle récente (2026), ce taux atteint 21,2 % du chiffre d'affaires encaissé à compter du 1er janvier 2026 pour les chauffeurs VTC. À ce taux s'ajoute une contribution à la formation professionnelle (CFP) de 0,2 %, prélevée en même temps que les cotisations, selon la même étude sectorielle récente (2026). La franchise en base de TVA s'applique jusqu'à 36 800 € de chiffre d'affaires annuel, selon une étude sectorielle récente (2026). Au-delà, la TVA devient applicable au taux de 10 % sur le transport de personnes, selon une étude sectorielle récente (2026).
La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) : une société à part entière. Elle offre une protection sociale proche du régime général des salariés, mais elle exige une comptabilité rigoureuse, des frais de gestion élevés et des obligations juridiques permanentes. Elle convient aux chauffeurs avec un chiffre d'affaires très élevé et un projet d'entreprise structuré.
Le statut d'entrepreneur salarié en coopérative : un hybride entre indépendance et salariat. Vous travaillez sur les plateformes de votre choix, mais une coopérative comme INCOM transforme votre chiffre d'affaires en salaire et gère l'ensemble de vos obligations administratives.
La comparaison qui intéresse la majorité des chauffeurs actifs oppose la micro-entreprise au statut entrepreneur salarié. La SASU reste marginale : sa complexité juridique la réserve à un profil très spécifique.
Auto-entrepreneur VTC : revenus, charges et limites du régime
Le régime micro-entreprise séduit par sa simplicité. Pas de bilan comptable, pas de TVA à déclarer sous le seuil, des cotisations calculées directement sur le chiffre d'affaires. Mais cette simplicité a un coût réel sur le revenu net.
Selon une étude sectorielle récente (2026), les cotisations sociales et impôts représentent en moyenne 45 % de la rémunération mensuelle du travailleur non-salarié. Ce chiffre dépasse largement le seul taux de 21,2 %, car il intègre l'impôt sur le revenu, la CFP et les cotisations retraite complémentaires.
Voici les charges qui réduisent concrètement le revenu net d'un auto-entrepreneur VTC :
Cotisations sociales URSSAF : 21,2 % du chiffre d'affaires (taux 2026)
Contribution à la formation professionnelle (CFP) : 0,2 % du chiffre d'affaires
Impôt sur le revenu (versement libératoire ou barème progressif selon option choisie)
Assurance responsabilité civile professionnelle obligatoire
Entretien du véhicule, carburant et frais de plateforme non remboursés
Une limite souvent ignorée concerne la retraite. Selon une étude sectorielle récente (2026), la cotisation minimale de retraite pour l'entrepreneur individuel est comprise entre 1 248 et 1 291 € pour l'année 2026. Un chauffeur avec un chiffre d'affaires irrégulier peut se retrouver à cotiser peu ou pas, sans en mesurer les conséquences à long terme.
La micro-entreprise reste pertinente pour débuter ou pour une activité VTC complémentaire. Elle devient problématique dès que l'activité devient principale : pas d'assurance chômage, droits retraite fragiles, gestion administrative à votre charge.
Entrepreneur salarié INCOM : comment fonctionne le statut et quels sont les coûts réels
Chez INCOM, le mécanisme est simple à comprendre, même si les contenus promotionnels ont tendance à en lisser les aspérités. Vous signez un CDI avec INCOM et vous continuez à travailler avec Uber, Bolt, Heetch et plus de 11 plateformes connectées, exactement comme avant. Ce CDI coopératif ne vous contraint pas à changer votre façon de travailler au quotidien.
INCOM collecte votre chiffre d'affaires, gère la TVA, l'URSSAF, la comptabilité et la facturation des courses privées, puis vous verse un salaire. INCOM transforme votre chiffre d'affaires en salaire tout en vous permettant de conserver 80 % de ce chiffre d'affaires. Sur 4 000 € de chiffre d'affaires mensuel, cela représente environ 2 600 € nets, contre moins en auto-entrepreneur une fois les charges déduites. Par ailleurs l'entrepreneur salarié INCOM n'est soumis à aucun plafond de chiffre d'affaires, contrairement au régime micro qui impose des seuils.
Pour rejoindre INCOM en tant que chauffeur VTC, voici les étapes :
Posséder une carte professionnelle VTC en cours de validité (délivrée par le préfet de votre département).
Disposer d'un véhicule éligible aux normes des plateformes (catégorie et ancienneté conformes).
Remplir le dossier d'adhésion en ligne sur le site d'INCOM, en quatre étapes entièrement dématérialisées.
Signer le contrat de travail (CDI coopératif) et activer votre compte sur l'application mobile INCOM.
Ce que les contenus promotionnels minimisent mérite d'être dit clairement : la coopérative prélève des frais de gestion sur votre chiffre d'affaires pour financer ses services. Ce prélèvement explique en partie pourquoi les 80 % annoncés ne sont pas les 100 % d'un auto-entrepreneur qui se gère seul.
Le CDI coopératif n'est pas un CDI classique. Vous restez dépendant de l'activité des plateformes. Si votre chiffre d'affaires tombe à zéro, les protections du CDI s'appliquent, mais le contexte est celui d'un travailleur dont le revenu dépend du nombre de courses acceptées.
Protection sociale et cotisations
C'est ici que les deux statuts s'écartent le plus nettement. L'auto-entrepreneur relève de la Sécurité sociale des indépendants (SSI), rattachée au régime général depuis le 1er janvier 2020. Ce rattachement a amélioré certains droits, mais le niveau de protection reste inférieur à celui d'un salarié.
L'entrepreneur individuel bénéficie de droits aux prestations sociales alignés sur ceux des salariés sur le plan formel : maladie-maternité, indemnités journalières, assurance vieillesse, prévoyance. Dans la pratique, ces droits dépendent directement du montant des cotisations versées, donc du chiffre d'affaires réalisé.
Deux points sur la retraite méritent une attention particulière :
Les micro-entrepreneurs peuvent valider jusqu'à 4 trimestres par an, sous conditions de revenus. Mais un chiffre d'affaires nul n'ouvre aucun droit à la retraite pour l'auto-entrepreneur. Une mauvaise année, un arrêt maladie prolongé sans chiffre d'affaires : aucun trimestre validé.
Pour limiter ce risque une cotisation minimale est prévue pour les travailleurs indépendants dont les revenus sont faibles, leur permettant de valider au moins 3 trimestres par an. Et l'âge de départ à la retraite sans décote reste fixé à 67 ans pour tous les régimes.
Avec le statut entrepreneur salarié INCOM, vous cotisez au régime général des salariés. Cela signifie une assurance chômage réelle (ARE), des indemnités journalières maladie calculées sur un salaire, une mutuelle incluse et des congés payés. La différence n'est pas abstraite : si vous tombez malade trois semaines en auto-entrepreneur sans chiffre d'affaires, vous ne cotisez pas et vous n'êtes pas indemnisé au même niveau.




