Vous venez de signer l'achat de votre véhicule pour rouler en VTC. La question de la TVA se pose dès la première facture. Beaucoup de chauffeurs paient cette TVA sans jamais la récupérer, et cela coûte cher.
La TVA VTC dépend de trois facteurs : votre statut juridique, votre chiffre d'affaires et la façon dont vous avez acquis votre véhicule. Un chauffeur en franchise de base ne facture pas de TVA à ses clients. Mais il ne récupère pas non plus celle payée sur son véhicule, ni celle qu'il supporte sur les commissions d'Uber, Bolt ou Heetch.
Ignorer la TVA sur les commissions de plateforme fausse le calcul réel de votre rentabilité. C'est le point que la plupart des chauffeurs découvrent trop tard.
Comment la TVA s'applique à l'activité de chauffeur VTC
Votre régime de TVA ne dépend pas du hasard. Il dépend de votre chiffre d'affaires, de vos choix d'option et de votre statut juridique : micro-entreprise (auto-entrepreneur), entreprise individuelle au réel ou société.
Votre statut fixe votre point de départ. Dès la création de votre activité, cette distinction structure toute votre fiscalité.
Un chauffeur en micro-entreprise démarre presque toujours en franchise de TVA. Une société démarre elle aussi en franchise tant que son chiffre d'affaires reste sous les seuils, mais l'une comme l'autre peut opter pour le paiement de la TVA dès la création. Ce choix change immédiatement votre façon de facturer vos clients.
Beaucoup de chauffeurs VTC découvrent cette mécanique trop tard, une fois le véhicule déjà acheté. Comprendre ce lien entre statut et régime évite une erreur coûteuse.
Les trois régimes de TVA possibles pour un chauffeur VTC
Trois régimes de TVA s'offrent à un chauffeur VTC : la franchise en base, le réel simplifié et le réel normal. Chacun correspond à un profil différent.
En 2026, le seuil de base de la franchise en TVA pour les prestations de services reste fixé à 37 500 € de chiffre d'affaires sur l'année précédente (article 293 B du CGI). Un seuil majoré, fixé à 41 250 € sur l'année en cours, permet de rester en franchise un peu plus longtemps. Le projet de seuil unique à 25 000 € a été abandonné (loi du 3 novembre 2025).
Les chauffeurs VTC en franchise de base ne facturent pas la TVA à leurs clients. Ils doivent indiquer sur chaque facture la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
Voici les trois régimes, avec leurs traits principaux :
Franchise en base: aucune TVA facturée, aucune récupération possible, adaptée à un chauffeur qui débute sous 37 500 € de chiffre d'affaires.
Réel simplifié: TVA facturée au taux applicable, récupération possible sur les achats professionnels, une déclaration annuelle avec deux acomptes (juillet et décembre).
Réel normal: déclaration mensuelle ou trimestrielle, obligatoire au-delà de 286 000 € de chiffre d'affaires en prestations de services ou lorsque la TVA due dépasse 15 000 € par an.
Le mécanisme du seuil majoré mérite une explication. Tant que votre chiffre d'affaires reste sous 41 250 €, vous gardez la franchise jusqu'au 31 décembre, même après avoir dépassé 37 500 €. Vous facturez alors la TVA à partir du 1er janvier suivant. Mais dès que vous franchissez 41 250 €, la franchise cesse le jour même du dépassement. Les courses réalisées avant cette date restent sans TVA, celles réalisées ensuite doivent l'intégrer.
Cette bascule a une conséquence concrète : votre outil de facturation doit changer de paramétrage du jour au lendemain. Un chauffeur pris au dépourvu facture parfois plusieurs semaines sans TVA alors qu'il en est déjà redevable.
La franchise en base pèse lourd pour un chauffeur qui vient d'acheter son véhicule. Ce régime bloque la récupération de TVA sur cet achat, souvent le plus lourd de toute son activité. Cela peut représenter plusieurs milliers d'euros de TVA non récupérée.
Le taux de TVA à facturer à vos clients VTC
Une course VTC classique relève du taux réduit de TVA de 10 %, dès lors qu'il s'agit de transport de personnes (article 279 b quater du CGI). Ce taux de TVA s'applique à la majorité des trajets facturés à vos clients.
Certaines prestations sortent de ce cadre. La mise à disposition facturée à l'heure, sans lien avec la distance parcourue, peut être taxée à 20 % au lieu de 10 %. Un chauffeur qui facture une demi-journée de mise à disposition applique donc un taux de TVA double de celui d'une course classique.
La distinction dépend de la nature exacte de la prestation. Une course simple, d'un point A à un point B, relève du transport de voyageurs. Une réservation où le client bloque votre disponibilité sur plusieurs heures change de qualification.
Cette frontière n'est pas toujours nette. Les cas limites, comme une longue réservation avec plusieurs arrêts, ne sont pas toujours tranchés clairement.
Sur votre facture, le taux de TVA appliqué doit apparaître avec le montant hors taxe et la TVA payée par le client. Un chauffeur en régime réel reverse cette TVA collectée, déduction faite de celle récupérée sur ses propres achats.
Récupérer la TVA sur vos dépenses professionnelles de chauffeur VTC
Chez INCOM, envoyez votre justificatif : nous récupérons la TVA sur vos dépenses professionnelles, et elle revient dans votre budget. Voici les dépenses concernées :
Péages
Stationnement
Téléphone et forfait
Lavage du véhicule
Accessoires voiture (supports, câbles…)
Abonnements professionnels
Frais de formation
Renouvellement de vos documents
Un chauffeur en franchise de base ne peut récupérer aucune TVA sur ces dépenses. C'est la différence majeure avec un chauffeur en régime réel, qui déduit cette TVA de celle qu'il collecte.
Cette récupération de TVA fait partie des mécanismes qui expliquent l'écart de revenu net entre notre statut entrepreneur-salarié et une auto-entreprise classique.





