Un chauffeur VTC auto-entrepreneur a besoin de deux contrats distincts : une mutuelle pour compléter ses remboursements de soins et une prévoyance pour remplacer son revenu s'il ne peut plus rouler. La Sécurité sociale verse bien des indemnités journalières aux micro-entrepreneurs, mais à partir du 4e jour d'arrêt seulement et sur une base réduite par l'abattement forfaitaire. Aucune de ces deux protections complémentaires n'est obligatoire en micro-entreprise : c'est à vous de les choisir.
Quelle différence entre mutuelle et prévoyance pour un chauffeur VTC ?
La mutuelle (ou complémentaire santé) rembourse ce que l'Assurance maladie ne prend pas en charge : une partie des consultations, l'hospitalisation, les lunettes, les soins dentaires. Pour un auto-entrepreneur, elle est facultative et se souscrit auprès d'un organisme privé (guide URSSAF de l'auto-entrepreneur).
La prévoyance protège votre revenu et votre famille. Elle intervient dans trois situations :
- Arrêt de travail : elle verse des indemnités journalières qui s'ajoutent à celles de la Sécurité sociale.
- Invalidité : elle verse une rente si vous ne pouvez plus exercer, totalement ou en partie.
- Décès : elle verse un capital ou une rente à vos proches.
En résumé, la mutuelle paie vos soins. La prévoyance paie vos factures pendant que vous ne travaillez pas. Pour un chauffeur dont le revenu dépend des heures passées au volant, la seconde est souvent la plus urgente.
Que vous verse la Sécurité sociale si vous êtes arrêté en auto-entrepreneur ?
Le micro-entrepreneur VTC relève de la CPAM comme les autres indépendants. Les indemnités journalières existent, sous conditions strictes.
Quelles conditions pour toucher des indemnités journalières ?
Trois conditions s'appliquent :
- Être affilié depuis au moins 1 an à l'Assurance maladie en tant qu'indépendant (urssaf.fr).
- Être à jour de vos cotisations (bpifrance-creation.fr).
- Avoir un revenu annuel moyen suffisant. S'il est inférieur à 10 % de la moyenne des plafonds annuels de la Sécurité sociale des trois années de référence, l'indemnité est de 0 € (bpifrance-creation.fr).
Les indemnités sont versées à partir du 4e jour d'arrêt, que ce soit pour une maladie, un accident ou une hospitalisation (urssaf.fr). Les 3 premiers jours ne sont donc pas payés.
Combien touchez-vous par jour d'arrêt ?
L'indemnité est égale à 1/730e de votre revenu annuel moyen des trois dernières années civiles. En micro-entreprise, ce revenu correspond à votre chiffre d'affaires diminué de l'abattement forfaitaire. Pour une activité de prestation de services BIC comme le VTC, l'abattement est de 50 % (guide URSSAF de l'auto-entrepreneur).
Exemple calculé avec cette règle :
- Chiffre d'affaires annuel moyen : 40 000 €.
- Revenu retenu après abattement de 50 % : 20 000 €.
- Indemnité journalière : 20 000 / 730 = 27,40 € par jour.
Le revenu retenu est plafonné au plafond annuel de la Sécurité sociale (autoentrepreneur.urssaf.fr). En 2026, ce plafond est de 48 060 €, ce qui limite l'indemnité à 65,84 € par jour (entreprendre.service-public.gouv.fr). Avec l'abattement de 50 %, il faudrait un chiffre d'affaires moyen de 96 120 € pour atteindre ce maximum. C'est au-dessus du plafond de chiffre d'affaires de l'auto-entrepreneur VTC : en micro-entreprise, vous restez donc toujours en dessous.
Et en cas d'accident pendant une course ?
Un auto-entrepreneur n'est pas couvert d'office contre les accidents du travail. Il peut souscrire une assurance volontaire auprès de la CPAM (guide URSSAF de l'auto-entrepreneur). Attention : cette assurance volontaire ne verse pas d'indemnités journalières pour incapacité temporaire (bpifrance-creation.fr). Les démarches pas à pas sont détaillées dans notre guide sur l'accident et l'arrêt de travail du chauffeur VTC.
Pourquoi la prévoyance compte autant pour un chauffeur VTC ?
Reprenons l'exemple du chauffeur à 40 000 € de chiffre d'affaires par an. Cela représente environ 770 € de chiffre d'affaires par semaine. S'il est arrêté 7 jours, les 3 premiers ne sont pas indemnisés. Il touche 4 indemnités de 27,40 €, soit 109,60 € pour la semaine.
Pendant ce temps, ses charges fixes continuent : location ou crédit du véhicule, assurance, loyer. Et il ne cotise pas au chômage : en micro-entreprise, aucune allocation France Travail n'est possible à la fin de l'activité (entreprendre.service-public.gouv.fr).
En cas d'invalidité, la pension des indépendants est calculée sur le revenu moyen de vos 10 meilleures années (guide URSSAF de l'auto-entrepreneur). Pour les artisans et commerçants, elle représente 30 % de ce revenu en catégorie 1 et 50 % en catégorie 2 (entreprendre.service-public.gouv.fr). Là encore, c'est le revenu après abattement qui sert de base.
Un contrat de prévoyance comble cet écart.
Quelles garanties vérifier avant de signer un contrat ?
Demandez le tableau des garanties et vérifiez ces points.
Côté prévoyance
- Le montant de l'indemnité journalière versée par le contrat (en euros par jour ou en pourcentage de votre revenu).
- La franchise : le nombre de jours d'arrêt avant le premier versement. Plus elle est courte, plus le contrat vous protège sur les petits arrêts.
- La franchise en cas d'hospitalisation ou d'accident, si elle diffère de celle de la maladie.
- La durée maximale d'indemnisation.
- Le revenu de référence retenu : chiffre d'affaires, revenu après abattement ou montant forfaitaire choisi.
- La rente invalidité : à partir de quel taux elle se déclenche et si elle tient compte de votre métier de chauffeur.
- Le capital décès et les bénéficiaires désignés.
- Les exclusions : vérifiez si les pathologies du dos et les troubles psychologiques sont couverts.
Côté mutuelle
- Le remboursement de l'optique (verres, montures, lentilles), important pour un métier de conduite.
- Le remboursement dentaire (prothèses, implants).
- L'hospitalisation (chambre particulière, dépassements d'honoraires).
- La couverture de votre conjoint et de vos enfants.
- Les délais de carence avant de pouvoir utiliser certaines garanties.
Pouvez-vous déduire votre mutuelle avec la loi Madelin en micro-entreprise ?
Non. La loi Madelin permet aux indépendants de déduire certaines cotisations de mutuelle et de prévoyance, dans une limite calculée en partie sur le bénéfice imposable (bpifrance-creation.fr).
En micro-entreprise, il n'est pas possible de déduire les charges réelles de vos résultats : l'abattement forfaitaire appliqué sur le chiffre d'affaires est censé les couvrir (impots.gouv.fr). Votre mutuelle et votre prévoyance sont donc payées sans avantage fiscal. Ce point compte quand vous comparez les statuts VTC.




