Un chauffeur VTC auto-entrepreneur a-t-il droit au chômage ?

Non, pas au chômage classique. Un micro-entrepreneur ne cotise pas à l'assurance chômage et ne peut donc pas toucher l'allocation chômage (ARE) quand il arrête son activité (URSSAF). Il existe deux exceptions : l'allocation des travailleurs indépendants (ATI), au maximum 26,30 € par jour pendant 182 jours, et le maintien de l'ARE si vous créez votre micro-entreprise après avoir perdu un emploi salarié (France Travail).

Pourquoi un auto-entrepreneur VTC ne touche-t-il pas l'ARE ?

En micro-entreprise, vous payez un taux unique sur votre chiffre d'affaires. Ce taux couvre la maladie, l'invalidité-décès, la retraite et la CSG-CRDS. Il ne couvre pas l'assurance chômage (URSSAF).

Concrètement, si vos courses s'arrêtent, votre micro-entreprise ne vous ouvre aucun droit à l'ARE. Fermer votre entreprise ne change rien : aucune cotisation chômage n'a été versée. Le détail de ce que couvrent vos cotisations se trouve dans notre guide pour faire sa déclaration URSSAF en auto-entrepreneur VTC.

Qu'est-ce que l'allocation des travailleurs indépendants (ATI) ?

L'ATI est une allocation versée par France Travail aux travailleurs indépendants qui perdent leur activité de façon involontaire et définitive. Elle est versée sans cotisation supplémentaire, à condition de remplir toutes les conditions (France Travail).

Quelles sont les conditions pour toucher l'ATI ?

Toutes ces conditions doivent être réunies (Entreprendre.Service-Public.fr, Unédic) :

  • Un arrêt subi. Une simple fermeture ne suffit pas. L'activité doit s'arrêter à la suite d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire. Elle peut aussi s'arrêter parce qu'elle n'est plus économiquement viable : vos revenus déclarés ont baissé d'au moins 30 %. Cette baisse doit être attestée par un tiers de confiance, par exemple un expert-comptable ou un représentant de la CCI ou de la CMA.
  • 2 ans d'activité. Au moins 2 ans d'activité non salariée sans interruption.
  • 10 000 € de revenus. Au moins 10 000 € de revenus d'activité par an sur l'une des 2 années civiles précédant l'arrêt.
  • Des ressources faibles. Vos ressources mensuelles doivent être inférieures au RSA pour une personne seule, soit 651,69 €.
  • Une recherche d'emploi. Vous devez être inscrit comme demandeur d'emploi et chercher activement un travail.
  • Pas d'ATI récente. Vous ne devez pas avoir touché l'ATI dans les 5 dernières années (Unédic).

Ces conditions sont strictes. En 2024, France Travail a reçu environ 2 200 demandes d'ATI par mois et en a rejeté 86 % (Unédic). Seules 1 550 personnes ont ouvert un droit sur l'année.

Combien rapporte l'ATI et pendant combien de temps ?

En métropole, l'ATI vaut 26,30 € par jour au maximum, soit environ 800 € par mois. Si vos revenus moyens des 2 années précédentes sont plus faibles, le montant baisse, sans descendre sous 19,73 € par jour (environ 600 € par mois) (France Travail).

  • Durée : 182 jours, soit environ 6 mois. Elle n'est pas renouvelable.
  • Début : le jour de votre inscription à France Travail, sans différé ni délai d'attente.
  • Reprise d'activité : vous pouvez cumuler l'ATI avec un emploi ou une activité indépendante pendant 3 mois au total. Au-delà, l'ATI s'arrête.
  • ARE et ATI : les deux ne se cumulent pas. Si vous avez aussi des droits à l'ARE, l'allocation la plus avantageuse vous est versée (Entreprendre.Service-Public.fr).

Peut-on garder son chômage en lançant sa micro-entreprise VTC ?

Oui, si vous étiez salarié et que vous touchez l'ARE. Vous pouvez créer votre micro-entreprise et cumuler l'ARE avec vos revenus de chauffeur (Entreprendre.Service-Public.fr). Vous devez rester inscrit à France Travail et déclarer vos revenus chaque mois. Le montant de l'ARE est recalculé à chaque fois (France Travail).

Comment est calculée l'ARE quand on roule en VTC ?

Votre ARE est réduite de 70 % de vos revenus d'activité. Pour un micro-entrepreneur, le revenu retenu est le chiffre d'affaires après l'abattement pour frais professionnels. Pour les prestations de services, cet abattement est de 50 % (Entreprendre.Service-Public.fr).

Exemple : vous encaissez 2 000 € de chiffre d'affaires dans le mois. Le revenu retenu est de 1 000 €. Votre ARE baisse de 700 €.

Deux plafonds s'appliquent (Entreprendre.Service-Public.fr) :

  1. ARE et revenus réunis ne peuvent pas dépasser le salaire mensuel moyen brut qui a servi à calculer votre ARE.
  2. Le cumul est limité à 60 % des droits à l'ARE qu'il vous reste à la création. Une fois ce plafond atteint, les versements s'arrêtent. Si vous n'avez tiré aucun revenu de l'entreprise et que vous l'exploitez réellement, vous pouvez demander un maintien exceptionnel. La demande se fait dans les 6 mois qui suivent le mois où le plafond est atteint.

Si vous gardez un emploi salarié à côté, lisez aussi notre article sur le cumul d'un CDI et de l'activité VTC.

Faut-il choisir l'ARCE plutôt que l'ARE ?

L'ARCE remplace le cumul mensuel par un capital. Elle vaut 60 % des droits à l'ARE qu'il vous reste au début de l'activité, après une retenue de 3 % pour la retraite complémentaire (Unédic). Elle est versée en deux fois : la moitié au démarrage, le reste 6 mois plus tard si votre activité continue.

Pour y avoir droit, vous devez obtenir l'ACRE. Depuis le 1er janvier 2026, il faut la demander vous-même à l'URSSAF dans les 60 jours qui suivent le début de l'activité (France Travail). L'ARCE est imposable. Si vous arrêtez votre activité, vous pouvez récupérer les 40 % non versés en vous réinscrivant, après un délai d'attente.

Avec l'ARCE, vous ne pouvez plus cumuler l'ARE avec vos revenus de chauffeur (Unédic). Pensez aussi au plafond de chiffre d'affaires de l'auto-entrepreneur VTC avant de vous lancer.

Quelle différence entre micro-entrepreneur et salarié face au chômage ?

Critère Micro-entrepreneur VTC Salarié (y compris CDI d'entrepreneur-salarié)
Cotisation à l'assurance chômage Non Oui, comme un salarié
Allocation possible ATI, sous conditions strictes ARE
Condition de travail 2 ans d'activité et 10 000 € de revenus sur une année 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois
Motif d'arrêt accepté Liquidation, redressement ou activité non viable Perte involontaire de l'emploi
Montant 19,73 € à 26,30 € par jour Calculé sur le salaire de référence
Durée maximale 182 jours 548 jours avant 55 ans

Sources : URSSAF, France Travail, Unédic (ARE). Pour les 55 ans et plus, la période de référence de l'ARE passe à 36 mois.

Le chômage n'est qu'une des différences entre les deux statuts. Notre comparatif INCOM ou auto-entrepreneur VTC et notre guide quel statut VTC choisir en 2026 passent en revue les autres. Pour la santé et l'arrêt de travail, voyez aussi mutuelle et prévoyance du chauffeur VTC et que faire en cas d'accident ou d'arrêt de travail.

Comment demander l'ATI après l'arrêt de son activité VTC ?

Vous avez 12 mois après la fin de votre activité pour vous inscrire à France Travail. Après l'inscription, vous recevez un dossier à remplir et à renvoyer avec les justificatifs demandés (Entreprendre.Service-Public.fr). Préparez-le avec cette liste :

  • Vérifier que votre arrêt correspond à un cas accepté : liquidation, redressement ou baisse d'au moins 30 % des revenus déclarés.
  • Si l'activité n'est plus viable, faire attester la baisse de revenus par un tiers de confiance (expert-comptable, CCI ou CMA).
  • En cas de procédure collective, garder le jugement de liquidation ou de redressement.
  • Rassembler la preuve de vos 2 ans d'activité sans interruption (l'Unédic cite l'extrait Kbis).
  • Réunir vos déclarations de revenus des 2 dernières années civiles pour justifier des 10 000 €.
  • Faire le point sur vos autres ressources mensuelles (plafond de 651,69 €).
  • Vous inscrire comme demandeur d'emploi dans les 12 mois suivant l'arrêt.
  • Renvoyer le dossier ATI complet avec les justificatifs demandés par France Travail.
  • Si vous avez aussi des droits à l'ARE, faire votre choix dans les 30 jours quand il vous est proposé. Ce choix est définitif (France Travail).

Comment cotiser au chômage en continuant le VTC ?

Avec INCOM, vous signez un CDI d'entrepreneur-salarié au sein d'une coopérative et vous continuez de rouler comme aujourd'hui. Vous bénéficiez du chômage, de la retraite, d'une mutuelle, des congés payés et de la prévoyance, comme un salarié. Une assurance est incluse, et INCOM gère l'URSSAF, les impôts, la TVA et la comptabilité. Vous êtes payé chaque lundi, avec une fiche de paie mensuelle, pour des frais de service à partir de 5 %. L'inscription est à 0 €, sans engagement : découvrez les avantages du CDI INCOM ou faites une simulation de vos revenus.

Questions fréquentes

Un auto-entrepreneur qui ferme sa micro-entreprise touche-t-il le chômage ?

Pas l'ARE, car il ne cotise pas à l'assurance chômage (URSSAF). Une fermeture volontaire ne donne pas droit à l'ATI non plus. L'ATI suppose une liquidation, un redressement ou une activité devenue non viable.

Peut-on toucher l'ATI et l'ARE en même temps ?

Non. Les deux allocations ne se cumulent pas. Si vous avez droit aux deux, France Travail peut vous proposer de choisir. Sans réponse sous 30 jours, vous êtes considéré comme ayant choisi l'ARE (France Travail).

Peut-on reprendre le VTC pendant qu'on touche l'ATI ?

Oui, pendant 3 mois au total, consécutifs ou non. L'ATI et vos revenus se cumulent alors intégralement. Au-delà de 3 mois, le versement de l'ATI s'arrête (France Travail).

Sources

Témoignages · Communauté INCOM

3 000 chauffeurs ont déjà rejoint INCOM

ANDRIATSALAMA

« INCOM m'a permis de garder ma liberté avec un vrai filet de sécurité »

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Claude Eric

« Plus de paperasse, je me concentre sur la route »

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